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ÊTRE
SOI MEME
Des gens uniques, de par le monde,
Il en naît à chaque seconde.
Chacun de nous porte en soi
Une chose que les autres n'ont pas.
Les défauts et les qualités
Font un cocktail à mélanger
Pour obtenir ce petit goût
Celui qui n'appartient qu'à nous.
Les êtres humains sont si divers
Qu'il y a toujours sur la terre
Quelqu'un qui trouvera en nous
Ce qui lui manque par dessus tout.
Certains recherchent leurs contraires,
D'autres, c'est leurs semblables qu'ils préfèrent
Mais l'important c'est d'arriver
A s'accepter tel que l'on est.
Et chercher à s'améliorer
N'est pas forcément tout changer.
Quand on commence à s'apprécier,
L'entourage l'a vite remarqué,
Il essaie de savoir pourquoi
On se sent tellement sûr de soi.
Et tous ces gens qu'on admirait
Finissent par nous envier.
Car eux aussi, ils cherchent ailleurs
Ce qu'ils possèdent à l'intérieur.
...Sophie
http://www.chezmaya.com/
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LA MUSE
Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du
cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.
Les plus désespérés sont les chants les plus
beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs
sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses
roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine
ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.
Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs
fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.
Alfred de MUSSET |
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CES ENFANTS LA
Ils sont si bien élevés, les gosses qui meurent de
faim,
Ils ne parlent pas la bouche pleine, ils ne
gâchent pas leur pain,
Ils ne jouent pas avec la mie, pour en faire des
boulettes,
Ils ne font pas de petits tas, au bord de leur
assiette,
Ils ne font pas de caprice, ne disent pas ‘j’aime
pas’
Ne font pas la grimace, quand on enlève un plat,
Eux, ils ne trépignent pas, pour avoir des
bonbons,
Ils ne donnent pas au chien, le gras de leur
jambon,
Ne courent pas dans vos jambes, ne grimpent pas
partout,
Ils ont le cœur si lourd, qu’ils vivent à genoux,
Pour leur repas, ils attendent sagement,
Ils pleurent quelquefois, quand ça dure trop
longtemps…
Non, non rassurez-vous, ils ne vont pas crier,
Ces petits enfants là, ils sont trop bien élevés,
Eux, pleurent sans bruit, on ne les entend pas,
Ils sont si petits, qu’on ne les voit même pas,
Ils savent qu’ils ne peuvent, rien attendre de
leur mère,
Ils cherchent stoïquement, du riz dans la
poussière,
Mais ils ferment les yeux, quand l’estomac se
tord,
Quand la douleur atroce, irradie tout leur corps,
Non, non soyez tranquilles, ils ne vont pas crier,
Ils n’en ont plus la force, seuls leurs yeux
peuvent parler,
Ils vont croiser leur bras, sur leur ventre
gonflé,
Ils vont prendre la pose, pour faire un bon
cliché…
Ils mourront doucement, sans bruit, sans déranger,
Ces petits enfants là, ils sont si bien élevés
.François Devillet |
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lls ont peut-être eu
peur que je pisse
Sur le marbre du bénitier
Ou pire que je m'accroupisse
Devant l'autel immaculé
Peur que je ne lève la patte
Quelque part dans les allées
Où siège cette foule ingrate
Qui nous parle d'humanité
Ils ont considéré peut-être
Que c'est un amour pas très catholique
Que celui d'un chien pour son maître
Alors, ils m'ont privé de cantiques
Un jour pourtant je le sais bien
*Dieu* reconnaîtra les *chiens*
Me voilà devant la chapelle
Sous cette pluie qui m'indiffère
Tenu en laisse par un fidèle
Allergique aux lieux de prières
Les gens parlent à côté de moi
Tu as de la chance toi au moins
La souffrance ne t'atteint pas
L'émotion c'est pour les humains
Et dire que ça se veut chrétien
Et ça ne comprend même pas
Que l'amour dans le cœur d'un chien
C'est le plus grand amour qu'il soit
Un jour pourtant je le sais bien
*Dieu* reconnaîtra les *chiens*
Je pourrais vivre dans la rue
Etre bourré de coups de pieds
Manger beaucoup moins que mon dû
Dormir sur le pavé mouillé
En échange d'une caresse
De temps en temps d'un bout de pain
Je donne toute ma tendresse
Pour l'éternité ou plus loin
Prévenez-moi lorsque quelqu'un
Aimera un homme comme moi
Comme j'ai aimé cet humain
Que je pleure tout autant que toi
Un jour pourtant je le sais bien
*Dieu* reconnaîtra les *chiens*
Un jour pourtant je le sais bien
*Dieu* reconnaîtra les *chiens*
RENAUD
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.LE TABLIER DE GRAND MERE
Te souviens-tu du tablier
de ta grand-mère ?
Le
principal usage du tablier de Grand'Mère
était de protéger la robe en dessous, mais
en plus de cela, il servait de gant pour
retirer une poêle brûlante du fourneau; il
était merveilleux pour essuyer les larmes
des enfants, et à certaines occasions, pour
nettoyer les frimousses salies.
Depuis le
poulailler, le tablier servait à transporter
les oeufs,les poussins à réanimer, et
parfois les oeufs fêlés qui finissaient dans
le fourneau.
Quand des visiteurs arrivaient, le tablier
servait d'abri à des enfants timides; et
quand le temps était frais,Grand'Mère s'en
emmitouflait les bras.
Ce bon
vieux tablier faisait office de soufflet,
agité au dessus du feu de bois. C'est lui
qui transbahutait les pommes de terre et le
bois sec jusque dans la cuisine.
Depuis le potager, il servait de panier
pour de nombreux légumes.
Après que
les petits pois aient été récoltés venait le
tour des choux.
En fin de
saison il était utilisé pour ramasser les
pommes tombées de l'arbre.
Quand des
visiteurs arrivaient de façon impromptue,
c'était surprenant de voir avec quelle
rapidité ce vieux tablier pouvait faire la
poussière.
A
l'heure de servir le repas, Grand'Mère
allait sur le perron agiter son tablier, et
les hommes au champ savaient aussitôt qu'ils
devaient passer à table.
Grand'Mère
l'utilisait aussi pour poser la tarte aux
pommes à peine sortie du four sur le rebord
de la fenêtre pour qu'elle refroidisse,
tandis que, de nos jours, sa petite fille la
pose là pour décongeler.
Il faudra
de bien longues années avant que quelqu'un
invente quelque objet qui puisse remplacer
ce bon vieux tablier qui servait à tant de
choses.
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LE REVEUR
D'ORIENT
Je ne suis pas intéressé par ce que tu fais pour
vivre.
Je veux savoir ce qui brûle en toi et si tu oses
rêver la réalisation de
ce que tu portes dans ton coeur.
Je ne suis pas intéressé par ton âge. Je veux
savoir si tu prends le
risque de passer pour un fou au nom de l'Amour, de
tes rêves et de
l'aventure qu'est la Vie.
Je ne suis pas intéressé à savoir quelles planètes
sont en carré avec la
Lune. Je veux savoir si tu as touché le centre de
ta propre tristesse,
si tu as été ouvert aux trahisons de la vie ou si
tu es devenu endurci
et fermé par peur d'une peine prochaine. Je veux
savoir si tu peux
t'asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne,
sans bouger pour la
cacher, l'amoindrir ou l'arrêter. Je veux savoir
si tu peux être dans la
joie, la mienne ou la tienne, si tu peux danser
avec ferveur et laisser
l'extase te remplir complètement jusqu'au bout de
tes doigts et de tes
orteils sans nous dire de faire attention, d'être
réaliste set de ne pas
oublier les limites de l'être humain.
Je ne suis pas intéressé à savoir si ce que tu dis
est vrai. Je veux
savoir si tu es prêt à décevoir les autres pour
rester Vrai avec
toi-même et si tu peux supporter d'être accusé de
trahison et ne pas
trahir ton Ame. Je veux savoir si tu peux être
fidèle et donc digne de
confiance. Je veux savoir si tu peux voir la
beauté même lorsque ce
n'est pas tous les jours joli et que la source de
Vie réside en sa
Présence. Je veux savoir si tu peux vivre avec les
échecs, les miens et
les tiens et pourtant continuer à te tenir debout
au bord du lac en
criant à la pleine lune : « oui » Je ne suis pas
intéressé par savoir où
tu vis et combien tu gagnes. Je veux savoir si tu
peux te réveiller
après une nuit de chagrin Et de désespoir, de
lassitude ou de douleur et
faire ce qui doit être fait pour les enfants.
Je ne suis pas intéressé de savoir qui tu es et
comment tu es venu
jusqu'ici. Je veux savoir si tu peux te tenir
debout au milieu du feu
avec moi et ne pas te dérober.
Je ne suis pas intéressé à savoir ce que tu as
appris, où tu l'as appris
et qui te l'a enseigné. Je veux savoir ce qui te
nourrit de l'Intérieur
lorsque tout s'effondre autour de toi. Je veux
savoir si tu peux rester
seul avec toi-même et si tu jouis vraiment de ta
propre compagnie dans
ces moments de vide.
Traduit par Urwana Shandar
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